La double appréhension du travail au prisme de l'autonomie et de l’autonomie au prisme du travail constitue le point de départ de cet ouvrage. Read More
L'aspiration morale et politique à l’autonomie caractéristique des sociétés modernes, confrontée à la centralité sociale du travail (aux pathologies de son organisation et de sa reconnaissance, mais aussi aux espoirs d’émancipation et d’accomplissements individuels et collectifs qu’il suscite), constitiue en effet un problème doublement fondateur pour la philosophie et les sciences sociales.
D’une part, dans quelle mesure le travail, puisqu’il s’impose à nous comme le lieu par excellence de notre existence sociale, peut-il être un lieu d’accomplissement de notre aspiration morale à l’autonomie ? D’autre part, dans quelle mesure le travail, puisqu’il constitue le principal moyen par lequel il nous est donné de participer à l’institution de la société, peut-il être un support, si ce n’est le moyen privilégié de l’autonomie comme projet politique ?
Faisant dialoguer philosophie et sociologie du travail, les contributions rassemblées dans ce volume proposent un riche état des lieux des recherches récentes, et ouvrent un champ de discussion interdisciplinaire permettant de repérer les formes contemporaines de l’autonomie dans le travail, les lieux où elle se déploie et les relations sur lesquelles elle s’appuie, mais aussi pour réfléchir aux conditions nécessaires de leur articulation dans le sens d’un projet politique d’émancipation.